Le Thalys, le harcèlement de métro et l’héroisme ordinaire

Publié: 22 août 2015 dans La vraie vie, Médias, Politique
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Hier, un mec armé d’un cutter, d’une Kalash, d’un gun et d’autres joyeusetés du genre s’est mis à agresser les passagers d’un Thalys. Torse nu, il tire des coups de feu dans le wagon et touche un voyageur à la gorge. Un premier pékin tente de le désarmer en sortant des toilettes, en vain. Deux militaires américains – un rentre d’Afghanistan, l’autre est dans l’Air Force – parviennent à le maitriser. Il est arrêté, les passagers sont pris en charge sur le plan psychologique. Les journalistes débarquent, Bernie Cazeneuve aussi et Jean Hugues Anglade voit son agenda booké pour les trois prochains mois, ce qui ne lui est pas arrivé depuis le finale de Braquo.

Twitter, 13 heures du mat’ : j’en vois qui sont scandalisés que les employés du Thalys se soient enfermés dans une mini-cabine et n’aient pas ouvert quand les passagers terrifiés tambourinaient à la porte. D’autres hurlent à l’humanité dépravée, au sein de laquelle toute empathie a  définitivement disparu, que fait la police, pourquoi personne n’est intervenu, inadmissible, heureusement qu’il y avait des GI’s en goguette. Et vas-y que ça part en « mais moi, si j’avais été là, j’aurais au moins ouvert la porte pour protéger les enfants/les handicapés/ceux qui ont une carte Vermeil ». Et « mais quand même, ils auraient pu faire quelque chose, c’est ce que j’aurais fait, c’est clair ». Et des « mais c’est HUMAIN, on ne peut pas laisser des gens en danger se débrouiller face à un mec armé jusqu’aux dents, faut être solidaires ».  Et aussi « non-assistance à personne en danger, c’est criminel ».

Du coup, ça me fait doucement marrer – d’autant plus que personne n’est mort et que par ailleurs, il n’avait pas l’air d’avoir bien suivi sa formation de terroriste, le mec. En fait, ça me rappelle la bonne dizaine de fois où on m’a agressée dans le métro/RER/bus/Noctilien et où personne n’a bougé d’un poil, alors qu’apparemment les trains – les Thalys en tous cas – sont remplis de héros ordinaires qui ne demandent que ça, d’intervenir.

2010 : Nogent sur Marne, 22h00, j’attends le bus. Il y a une dizaine de personnes qui poireautent avec moi, j’ai mes écouteurs, je m’en bats, je m’adosse à un poteau et j’écoute Booba. D’un coup, je sens que quelqu’un m’attrape par derrière, par la taille puis par les cheveux, et pose un truc froid contre ma gorge. Le mec m’insulte (je vous passe les détails, c’était pas super original), me dit que si je bouge ou si je crie, il me plante. Qu’il veut juste toucher mon cul de pute et que je la ferme. Je suis en panique, je fais ce qu’il dit, je bouge pas, mais je jette mon meilleur regard de Bambi au jeune mec de l’autre côté du poteau. Il me regarde dans les yeux, prend un air désolé – le même que font les gens quand il y a un type qui fait la manche mais qu’ils ne veulent rien donner –  et se remet à trainer sur FB. De l’autre côté, dans mon champ de vision, il y a un type d’une quarantaine d’années, plutôt baraque, en pantalon à pinces beige. Nos regards se croisent et l’espace d’une minute, je crois qu’il va intervenir mais non, il se déplace et va vérifier à quelle heure arrive le bus.

2011 : Je rentre un peu bourrée en Noctilien. Habituée du truc, j’ai enfilé un leggings et un vieux sweat Adidas par-dessus ma robe, histoire de pas devenir un appeau à connards de nuit. Je m’asseois dans un espace à quatre et j’écoute Booba – oui, encore. Deux bolosses arrivent, me soulent, exigent que j’enlève mes écouteurs pour écouter leurs conneries, proposent que je les suce tous les deux vu que le trajet est long et que d’façon y a que les putes qui prennent le bus pour rentrer en banlieue seule à 1h30 du mat, donc bon, tu vas pas faire chier. Je me lève, je vais voir le conducteur, je me plains qu’ils m’emmerdent, qu’il faut intervenir. Le mec, un peu embêté, jette des coups d’œil flippés dans son rétro et me dit que le mieux c’est de descendre et d’attendre le prochain, qu’il  est tout seul et que les autres sont deux et à 4 grammes, qu’il peut rien faire à part appeler la sécu RATP, mais à cette heure-là ça va prendre un moment. Les gens du bus s’en battent les couilles.  Je descends et j’attends le prochain Noctilien, toute seule, à Montreuil, pendant 50 mn en pleine nuit, en remerciant le ciel que les mecs ne soient pas descendus avec moi.

2011, encore : je vais chez ma daronne, dans le 77, une heure de RER A, c’est l’été et la nuit vient de tomber. Le wagon est plein (j’ai pris la dernière place assise) et c’est surtout des bonhommes qui lisent et quelques couples de touristes, vu qu’y a Disney au bout de la ligne. Deux mecs complètement pétés, bouteille de sky Leader Price à la main, entrent et gueulent sur les gens assis pour avoir une place. Pas de problèmes, un couple flippe direct et change de wagon. En face de moi, dans un espace pour deux, il y a un mec, la trentaine, genre Pakistanais, qui n’a l’air de rien biter. Les mecs bourrés commencent à l’insulter salement, façon racistes des grands soirs, et menacent publiquement de lui ouvrir la gorge avec le tesson dès qu’ils auront fini la bouteille.  Du coup, comme il a pas l’air de comprendre que ça devient chaud, je lui fais signe le plus discrètement possible de dégager, avant qu’il lui arrive des embrouilles. Il pige pas, me regarde avec des grands yeux, observe les mecs et finit par capter et se casser au niveau de Val de Fontenay. Au moment où il change de wagon, les mecs ont fini la bouteille, le poursuivent et lui lancent le sky à la tête juste avant qu’il ne s’engouffre dans la voiture de devant. Les bourrés sont vénères, s’en prennent à moi, m’insultent, l’un d’entre eux me tient par les bras pendant que l’autre me crache des énormes mollards sur le visage en continuant de m’injurier comme la dernière des merdes. Noisiel, ils se rendent compte qu’ils sont arrivés, me mettent deux baffes, crachent encore, me traitent de sale pute à pakpak, descendent en tapant sur la vitre. Je suis par terre, j’ai le visage plein de crachats et de larmes, je suis choquée et en colère, genre je vais en buter un.  Alors pendant les quatre stations qui me séparent de ma destination, j’engueule les passagers. Que des mecs sauf deux. Tout le monde pépouze derrière son 20 minutes ou son Tolkien fait genre de ne pas avoir vu ou entendu la scène et d’ailleurs ils ne me voient toujours pas, alors que je me suis relevée et que je les engueule bien fort au milieu du wagon. Je sors des arguments de merde parce que j’en ai ras le cul, genre « je pourrais être votre meuf, votre sœur, votre cousine » et « putain mais vous avez aucun respect pour vous-mêmes » et des conneries du genre. Pas de réaction à part quelques regards gênés. Ma mère vient me chercher au RER, je suis en larmes, j’ai 17 de tension et des glaires plein les sourcils.

2013 : je rentre d’une soirée, métro 8 jusqu’à l’appart, cette fois Kaaris dans les oreilles, parce que le rap ça rend invincible un peu. Répu. Un mec rentre, je suis debout au fond, vers la porte, c’est le dernier métro, y a du monde. C’est un type normal avec les yeux un peu fous, je le vois mais je fais genre que non et je me concentre sur Zoo, parce que quand même c’est cool. Il bouge les gens, vient se coller en face de moi, me chuchote un truc salace dans l’oreille, tellement fort que je l’entends à travers les écouteurs. Je lui dis de dégager avec ma meilleure tête de super-babtou-ghetto-du-dernier-métro. Il s’en bat, cale ses deux mains sur la vitre pour m’enfermer, continue les insultes, colle sa braguette contre mon jean, se frotte, rien à foutre. Je demande tout fort : est-ce que quelqu’un pourrait m’aider, là ? Il y a un blanc dans les conversations autour de moi, mais genre, une demi-minute. Tous semblent avoir évalué en deux-deux le ratio risques/avantages d’une intervention – ne serait-ce que tirer le signal d’alarme – et avoir décidé que j’avais qu’à me démmerder, que c’était pas si grave un mec qui frotte sa bite contre une inconnue en l’insultant. Pareil, je finis par descendre du métro en mode samourai, c’est-à-dire par surprise, au moment où le signal retentit, et je finis mon trajet à pieds.

Je m’arrête là parce que si vous avez tout lu, vous avez compris le principe, mais je pourrais continuer. Je pourrais aussi lancer un appel à témoignages à toutes mes potes qui ont pour pratique de prendre les transports tard – ou pas – et de se promener dans la rue ou le métro, comme SI ON AVAIT LE DROIT D’ETRE LA ET DE SE CROIRE EN SECURITE DANS LES SERVICES PUBLICS. Les mecs – bah oui, que des mecs, déso – des exemples que j’ai donnés n’étaient pas armés, sauf ceux avec la bouteille et encore. Et personne n’a bougé. PER-SONNE. Je sais que ça fait cliché, mais tout le monde s’est retranché derrière son journal, FB, ses écouteurs ou la dernière daube de Marc Levy. Tout le monde a prié dans sa tête pour que ça cesse vite, que les agresseurs s’en aillent d’eux-mêmes, qu’il n’y ait plus besoin de faire semblant de ne rien voir, alors qu’on est un groupe de personnes enfermées dans 30m2 et que l’un d’entre nous (ou plus vraisemblablement l’une d’entre nous) est agressé (e) et que peut-être – éventuellement- si on s’y met à dix, le mec va se barrer.

Du coup, vos conneries de héros et de ha-bah-moi-c’est-clair-j’aurais-réagi-direct-non-assistance-à-personne-en-danger-tribunal-populaire-de-l’héroisme-ordinaire, ça me fait bien gerber. Cordialement.

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commentaires
  1. Coyote Crafty dit :

    A reblogué ceci sur cecinestpasunblogsurlefeminimseet a ajouté:
    « comme SI ON AVAIT LE DROIT D’ÊTRE LÀ ET DE SE CROIRE EN SÉCURITÉ DANS LES SERVICES PUBLICS. »
    Voilà, elle a bien résumé…

  2. Coyote Crafty dit :

    Je dis que j’aime, mais en fait, j’avais les larmes aux yeux de lire ce qui t’est arrivé dans les transports.

  3. Lougarizmo dit :

    Ça m’a foutu les glandes rien que de te lire. En espérant que ça en fasse réfléchir certain(e)s.
    Avec toi à 2000 % ❤

  4. Franck Jammes dit :

    C’est écœurant de voir ce que peuvent se permettre des merdes humaines quand elles se sentent en force. Et l’inertie des témoins. L’effet de groupe. De tout cœur avec toi, même si ça te fait une belle jambe à cet instant t.

  5. cc dit :

    je sais pas quoi dire; c flippant, l’indifference; ne suis pas de paris, y suis allée qqfois;ca me fout mal,j aime pas lire tt ca, et toi tu continues, a y aller, parce que la vie continue, jte dis chapeau

  6. nope dit :

    Je trolle pas, c’est vraiment un commentaire qui me vient à l’esprit (pour le reste, bien sûr que je suis d’accord) : je trouve ça juste bizarre d’aimer Booba quand on en a ras le cul des macs complètements misogynes.

  7. ginettelemag dit :

    Comme toi, à plusieurs reprises on m’a agressée en public, dans les transport, au boulot et comme toi j’ai supplié L’AUTRE du regard et je me suis sentie seule au monde.
    Tu décris là une bien triste réalité.

  8. daphnexuan dit :

    Assez gratiné les témoignages, je suis désolée pour toi 😦 je n’ai jamais eu l’occasion de me retrouver dans cette situation en tant que protagoniste ou en tant que témoin.
    J’ai pas mal lu sur cette question et sur le « syndrome du spectateur » ou quelque chose comme ça. Plus il y a de monde, et plus chacun pense que c’est un autre que lui qui ça intervenir.
    Il y a une bd explicative très bien sur le Tumblr des Crocodiles, qui suggère par exemple de interpeler spécifiquement une personne donnée pour qu’elle s’implique (du type « oui vous, là, avec votre écharpe rouge, c’est à vous que je parle »). Je ne sais pas à quel point ça peut marcher.

  9. Zlotzky dit :

    La seule fausse note de cet article c’est que son auteure écoute Booba. Mais personne n’est parfait.

  10. clumsymummy dit :

    A reblogué ceci sur .

  11. nelcie dit :

    Hé oui ! l’héroïsme virtuel a encore de beaux jours devant lui…

  12. Hermine dit :

    Un des problèmes (en tout cas en France) c’est que dans les cas qui te sont arrivés, si par malheur un « héros » juge mal de sa force et blesse gravement un des opposants (voir pire), la foutu Loi française va lui tombé sur le dos.

    Voici ce qui m’est arrivé à Nantes, je monte dans le tram en plein après-midi et là y a un mec assez costaud et bourré qui commence à gueuler sur deux jeunes, je sait pas trop pourquoi. Sauf que ces cons de jeunes (j’ai pas suivi l’histoire, mais là où je l’ai prise pour moi, ils étaient stupides) ne font que rire de lui de manière étouffé (calmer le mec, s’excuser ou autres auraient peut être été mieux non?). Le mec bourré commence à être à bout et menace des les tabasser.

    Par chance tout se goupille plutôt bien puisqu’on arrive à une station, les portes s’ouvre, je choppe le mec et le sort dehors.

    Sauf que mon élan de courage à fait se bouger un mec bien baraque qui était là depuis le début et « m’aide » à le sortir avec une violente impulsion une fois que je lui est fait franchir la porte. Résultat le mec fait un roulé boulé et atterri sur une vielle qui elle aussi tombe et se cogne la tête contre l’abri. Je relève la vielle, lui demande si tout va bien et remonte dans le tram.

    Mais encore aujourd’hui je me demande que se serait il passer si la tête de la vielle était morte à cause de sa chute (ou le mec)?

    Tiens d’ailleurs je fait passer ça par le même occasion: http://www.mesopinions.com/petition/justice/demandons-relaxe-arnaud-gonnet-condamne-mis/14528

  13. roby dit :

    Eh ben moi j’ai bougé et j’avais la trouille, en plus aucune idée si j’allais empirer la situation ou l’améliorer.

    Un métro tardif ligne 13 une nuit de samedi. Je suis assis dans le fond d’une rame où il y a 6 places, 2×3 face à face. A côté de moi une femme d’environs 30 ans. Au prochain arrêt rentrent deux mecs (~ 18 et 24 ans), le plus vieux alcoolisé, le plus jeune moins presque sobre et s’assoient en face de nous (moi et la femme). Yeux agressifs, ils commencent tout de suite à emmerder la femme à côté de moi. Tant que ça reste verbale je ne dis rien, mais préventivement j’enlève mes lunettes et les mets dans mon sac à dos. (A ce moment j’ai 57 ans). Et nous y voilà: le 24 ans pelote les jambes de la femmes qui était morte de trouille. Les mecs parlaient fort, les gens dans la rame regardent tous ailleurs ou font semblant de ne rien remarquer. Je dis à voix haute au mec de laisser la femme tranquille. – Ca te regarde pas connard. – Si ça me regarde. Et d’ailleurs vous trouvez ça bien de vous en prendre à deux à une femme? Et si c’était votre soeur? – Fermes ta gueule. – Non je la ferme pas, justement ! Des yeux de haine sur moi, au prochain arrêt la femme descend, ouf, au moins elle est partie. Maintenant je suis seule avec ces deux idiots. J’ai le coeur qui bat et j’essaie de savoir si les mecs ont un couteau. Pendant deux stations ils m’agressent verbalement et je leur réponds, puis malheur, à un arrêt un garçon entre et s’assied à côté de moi, genre timide, 15 ans et les deux cons le branchent, évidemment. Le garçon est paralysé de peur. Un des mecs lui jette le reste de sa canette de bière dans la figure. Je reprends notre « conversation ». – Vous n’avez vraiment rien d’autre à foutre? Toujours la même lâcheté? (à voix haute pour que les peu de gens dans le métro puissent m’entendre) Et voilà c’est reparti pour moi. Je les engueule « arrêtez d’emmerder les gens »! Les yeux haineux sur moi, ça fait tick tack dans la tête du connard de 24 ans, il réfléchit comment pourrait finir une agression physique sur moi. Je soutiens son regard, je fais semblant d’être très sûr de moi ce qui n’est pas le cas. Deux stations plus tard les idiots décendent, le plus âgé d’eux se retourne soudainement et me crachent au visage. Il ne supportait pas la « honte » de s’être écrasé.
    Ouf, ils sont enfin partis. J’engage la conversation avec le garçon à côté de moi.

    Rentré chez moi, j’ai cogité longtemps sur ce qui s’est passé et en général comment on peut réagir. Surtout chaque situation est différente. S’ils avaient été à trois ou quatre, je n’aurais pas réagi de la même façon. Mais comment? S’ils avaient été armés, qu’aurais-je fais? Etc.

    En tout cas je ne supporte pas que des connards s’en prennent à plusieurs toujours au plus faible, ça m’est insupportable.

    Un an plus tard j’ai été agressé dans un parc une fin de journée. J’étais en train de sortir du parc en pédalant doucement, de bon humeur car j’avais bouquiné au soleil. Je croise un groupe de 6 jeunes entre 15 à 25 ans environs qui se jettent sur moi au moment où nous nous croisons. Le plus grand me frappe avec une batte de baseball sur ma tête à plusieurs reprises, les autres m’entourent et me donnent des coups de poingts et de pieds, me font chuter du vélo, je suis à terre, les coups pleuvent sur moi. Ils ne disent pas un mot, ils sont silencieux, la scène est surréaliste. De toute mes forces je crie à l’aide. L’agression a duré peut-être une minute trente, j’avais peur que le mec à la batte de baseball me casse le crâne. Quand des promeneurs se sont approchés les agresseurs sont tranquillement partis avec mon vélo et mon sac à dos (portefeuille, liseuse, trucs perso) dans des directions différentes. Les promeneurs ont appelé des secours. J’étais à terre, sonné, choqué, la tête en sang, commotion cérébrale, trois côtes félées, contusions, hématomes. Une violence puremente gratuite.

    Pour vous dire que je comprends un tout petit peu ce que vous et beaucoup de femmes devez régulièrement subir, les gens qui détournent le regard, la police qui traînent des pieds pour prendre une plainte, ça intéresse personne, lamentable. Merci pour votre billet.

  14. Un immense merci pour ton article. Partagé publiquement sur FB avec le message suivant :

    Article à lire. Merci à l’auteur ! #harcelementderue

    Le pire c’est qu’elle a totalement raison. Meme si je ne me suis pas faite agresser « au point qu’elle décrit », j’ai subi, j’ai ouvert ma gueule, j’ai pris une baffe, un coup de poing, des mains au cul, des remarques très humiliantes… Et PERSONNE n’a jamais réagit, de peur qu’il sorte un couteau, qu’il s’en prenne a lui, par lacheté etc… Je ne me laisse pas faire, mes parents m’ont appris à ne pas baisser les yeux, mon égo aussi, même si ça peut être de l’inconscience face au danger, je sais. Quand j’ouvre ma gueule face à un emmerdeur, un mec bourré etc… on me dit souvent « tais toi et ne le regarde pas ». Des proches, des amis, de la famille qui m’accompagne à ce moment là dans le métro. Oui c’est dangereux, mais se taire c’est pire. Qui ne dit mot consent. Depuis quand a t’on oublié de faire compter notre voix ? Les méchants ne devraient pas perdre que dans les films…
    Alors là oui, on parle d’un terroriste, d’une arme une vraie, rien à voir avec un cracha ou un « risque de viol » (ironie), mais l’article critique surtout les réactions de ces soit-disant héros virtuels POST-attentat. Bizarrement ils ne prennent jamais les transports avec nous ceux là… C’est un article que je soutiens et que je vous encourage à lire !! Personnellement j’aurais surement flippé dans ce Thalys, je suis incapable de savoir jusqu’où j’aurais tenté un truc face à une kalach et mon entrainement de gym pourri du dimanche, aucune comparaison avec des GI.
    Elle a raison bordel. Elle a tellement raison.

  15. edwige dit :

    Je suis sans voix…
    Et je salue votre courage ..
    Le terrorisme contre les femmes est quotidien, et ignoré en toute conscience..
    Je partage votre témoignage parce que briser le silence est notre seul remède contre la violence..

  16. Tsagoï dit :

    Georg Simmel étudiait déjà au début du XXème la dilution de la responsabilité dans la masse, celle qui ouvre la porte à l’acceptation passive de tous les extrémismes: coupables mais pas responsables, les ratonnades, les agressions envers la gent féminine, les étrangers, les geeks, les gays etc etc etc. Qu’il y ait du monde dans le bus ou la rame de métro n’est en aucun cas un gage de sécurité. Effectivement, cibler quelqu’un pour demander de l’aide (au petit bonheur la chance…) peut permettre de faire sortir certains de leur léthargie. So sorry for you anyway

  17. Croa dit :

    L’affaire du Thalys est effectivement peu vraisemblable sauf s’il s’agissait d’un coup monté ! (Ce que je crois : trop de gens ont intérêt à entretenir le climat de peurs anti-terrorisme!)

    Sinon oui, en général les gens sont plutôt lâches !

  18. JennyFanDeJeremyRenner dit :

    J’ai tout l’article en entier et je te soutiens absolument,quand une femme se fait prendre à partie par des hommes dans les transports,personne n’ose intervenir de peur d’en prendre une dans la tronche,l’indifférence est effrayante,surtout à Paris.

  19. Konfiote dit :

    …. Je suis franchement désolée….pour toi et tout ceux a qui ça arrive….. moi je fais partie des gens qui veulent a tout prix s’effacer pour ne pas s’en prendre plein la gueule en retour parce que je sais que je ne serai pas capable de me défendre(ou du moins je crois , peut être que la peur donne des forces surnaturelles..?) Mais en fait je me suis jamais retrouvée dans des situations merdique a ce point… alors j’me demandais si toi, avec toutes ces histoires qui te sont arrivées, est-ce que c’est seulement après avoir été dans une de ces situations que tu as su que tu pouvais te bouger pour aider quelqu’un, ou déjà avant que ça ne t’arrive tu n’avais pas peur d’ouvrir ta gueule? je me dis qu’en se connaissant dans ce genre de situation (même si bien sûr toute les situations sont différentes, mais bon se faire emmerder, c’est se faire emmerder!), ça donne peut être un peu plus de courage pour faire le héros…… Mais bon j’espère quand même ne jamais me retrouver dans une situation comme tu as pu les vivres, et qu’un jour j’aurais assez de courage où confiance en moi pour bouger mon cul ou peut être éclater une ou plusieurs gueules de cons (et quel bonheur ca serait de pouvoir enfin faire exploser toute ces choses qui font rager….!)

  20. Tom Ankh dit :

    Le pire c’est que tous ces lâches que tu décris qui me répugnent en ne pensant qu’à leur gueule, j’aurais sans doute été comme eux dans pareille situation…. :/

  21. Po Lomami dit :

    A reblogué ceci sur équimauveset a ajouté:
    TW

  22. Cédric dit :

    Bravo pour votre obstination à vouloir sortir le soir.
    Vous devriez migrer en province, quand même. C’est plus calme.

  23. fourwude dit :

    Merci pour ce témoignage qui fait froid dans le dos.
    Je ne sais pas ce qui est pire. Que tous les témoins aient baissé les yeux, ou de me dire que j’aurais peut-être fait pareil…

  24. romain dit :

    C’est comme vous le dite un problème de société.

    Les gens prient pour que ça se finisse au plus vite mais ne s’en foutent pas complétement. Ils ne se disent pas : « Ben quoi c’est normal, une fille à 1h 30 du matin qui prend le RER.. » mais plutôt « Putain j’aimerais tellement faire quelque chose mais qu’est-ce qui m’arriverais si j’intervenais ? ».

    On a peur de ce qu’on ne connait pas c’est bien connu (en général), et de la même manière les gens préfèrent rester en dehors de ces types de situations de peur de ce qui pourrait se passer. Ils n’ont jamais appris à se défendre/intervenir physiquement/verbalement et aussi pour les autres, face à des personnes commettant des actes que l’on juge immoraux.

    Pour reprendre le cas des militaires US qui sont intervenus, eux sont largement préparés à ce genre de scènes et savent bien gérer leur peur, ce qu’il faut et ne pas faire pour maitriser la personne en question.
    Sans non plus faire un contrat de 5 ans à l’armée, je pense qu’il serait bon d’enseigner ce genre de chose à l’école à partir du collège/lycée, pour apprendre à se défendre et à défendre les autres dans la mesure du possible face à des agressions. Tout comme on enseigne le secourisme si jamais on tombe sur une personne dans un état grave.

    Mais cependant je n’irais pas dire que les personnes qui n’interviennent pas sont toutes des ordures, elles ne savent tout simplement pas agir dans une situation comme ça. Exactement comme presque personne n’irait aider quelqu’un en train de se noyer à la mer un peu au large si les gens sur la plage ne savaient pas nager ou se baigner, de peur de l’inconnu.
    Toutes veulent agir mais ne sont pas préparées à ça, il faut donc leur apprendre.

    Je pense que la violence subite par les femmes dans les lieux publique est une des conséquences majoritairement dû à la non intervention du « public ». Si on le résout lui cela servira pour de nombreux autres types d’agressions. Les violences (racistes, contre les femmes, et d’autres motifs) existent depuis la nuit des temps et continueront hélas à exister, mais si tout le monde y est préparé pour agir et intervenir, alors elles ne seront que de courtes durées voir moindre du fait d’une certaine force collective.

    En tout cas après avoir lu un certain nombre d’article comme le votre, la situation est bien réelle et doit faire l’objet de prise de décisions et de mesures pour endiguer ce phénomène. Je vous souhaite bon courage et de l’espoir pour l’avenir en espérant que celui ci évoluera dans le bon sens.

  25. Je vie à Barcelone maintenant et ce genre d’agression n’existe quasiment pas, lire de plus en plus de témoignages de ce genre sur la France me fait vraiment peur et me rendent dingue !
    Bien sur, c’est toujours facile de se dire « moi si j’avais été là j’aurais fait ça … » on ne sait jamais comment réagir mais comme on l’important c’est surtout d’essayer et comme tu dis, suffit juste de s’y mettre à plusieurs et les ces connards se barrent !!!!!!!!!
    C’est malheureux à dire mais au final on devrait peut être apprendre à l’école à réagir dans ce genre de situation …

  26. Vinzou dit :

    Eh ben belle soeur il t’en est arrivé des galères! J’ai lu plus de 3min! T’es forte très forte!
    Ps: Arrête B2O il porte la guigne ce mec!
    Bisous de nous 3

  27. daphnexuan dit :

    Je reviens à la charge sur cette histoire du « moi j’aurais pas osé faire le héros ».
    Je comprend, c’est humain.
    Par contre, je crois aussi que dans ce type de situation, nous avons tous l’illusion d’être seul, en tant que spectateur impuissant.
    Or, rien ne nous empêche de nous concerter avec d’autres personnes avant d’agir.
    Ça donne du courage et permet de ne pas jouer les héros solitaires avec les risques que cela comporte.

    Encore une fois je n’ai jamais été confrontée à ce genre de problème.
    Mais j’imagine que si une personne voit son intégrité menacée, je serais plus rassurée et plus forte si je me mettais d’accord avec mes voisins pour agir. On peut même se coordonner pour être plus efficace (par exemple, un pour calmer l’agresseur, l’autre pour aider la victime…)

  28. Neel dit :

    Billet très juste, toute cette indifférence à tous les degrés est tellement véridique à Paris – et même si mon coeur se serre en te lisant, je partage de suite. Parce qu’il sera toujours important de dire les travers d’une société.
    Cela cessera-t-il le jour où chacun-e saura maîtriser un art martial ? En attendant, plein de courage.

  29. ORLY? dit :

    Les gens qui s’offusquent des mentions récurrentes de Booba ont, avant toute chose, l’effarante naïveté de croire qu’on braque une banque avec une salve de jaquettes de GTA V et qu’on violente les femmes à l’aide de clés USB bourrées de Gangsta rap. Il me semble qu’aucun fichier gif ne pourrait décrire ma tronche quand je les observe. Êtes-vous sérieux ? Le mec du Thalys y est allé à coup de Ünkutter ?

    Merci pour cet article.
    Qui permet (au-delà du vrai sujet de fond) somme toute de conclure la chose suivante à propos de la musique de B2o : elle porte la poisse.

  30. La-Tia-Tia dit :

    Bonjour,
    Je viens de tomber sur votre billet qui est cité en contre-argument d’un article posté sur Rue89 via FB http://blogs.rue89.nouvelobs.com/compolitique/2015/08/23/thalys-il-faut-nous-poser-la-question-du-courage-234870
    N’ayant pas vécu des situations similaires mais ayant été agressée plusieurs fois malgré tout (mise à terre et frappée à 15 ans par 2 gars, pelotage dans le métro à 20 ans et à 33 ans + les diverses propositions sexuelles romantiques auxquelles il est tellement difficile de résister « Eh vas-y ! Tu suces ? »), j’en retire une rage quotidienne contre toutes les violences injustifiées.
    Ça va vous faire une belle jambe de savoir ça mais je suis de celles qui réagissent avant de réfléchir.
    RER A, Gare de Lyon, un samedi aprem. Je monte dans le wagon en même temps qu’une famille de touristes chargés comme des mulets avec valises, sac à dos et tout le toutim. Je remarque que 2 gars sont vachement collés aux basques de la famille alors qu’il y a plein de place dans le wagon (ce qui est plutôt cocasse : de l’espace dans le RER alors que ce n’était même pas le mois d’août… C’est foufou !). Je décide de ne pas aller m’asseoir et de garder un œil sur la famille. C’est là que je remarque un des gars, collé au dos du père de famille, lui mettre nonchalamment la main dans la poche de son pantalon. Je passe en mode automatique et d’un geste sec, je retire la main de l’homme-vide-poche qui était encore d’examiner le futal du touriste qui, lui, ne comprend absolument pas ce qu’il se passe et limite, considère mon geste comme une agression envers lui. Le gars me jette un regard pas vraiment rempli d’amour et entreprend de fouiller le sac à dos du père. Je lui reprends la main en lui disant « arrête, laisse le tranquille » un peu excédée. Nan mais c’est vrai quoi, j’aime pas me répéter. Vraisemblablement vexé par ma familiarité (note pour plus tard : toujours vouvoyer quand on ne connait pas la personne), il se rapproche de moi avec des fleurs plein les yeux et me demande d’une voix douce « t’as fait quoi là ? ». Remplie d’adrénaline, je soutiens son regard et lui lance « t’avais qu’à pas lui faire les poches ». Bon, ma réponse ne lui a pas plu parce qu’il a commencé à m’insulter copieusement. Comme je n’en démordais pas et que je continuais à lui dire que voler c’est mal, il m’a, à court d’argument, craché dessus. Ce à quoi j’ai répliqué par une petite gifle (j’ai déjà écrit que j’étais en mode automatique, hein ?). Je dois préciser que le train avançant toujours, nous nous étions arrêtés à Chatelet, que plein de gens sont montés dans le wagon, que certains sont restés dans le même espace que nous mais que personne n’a bronché quand il m’a insultée et craché dessus. De toutes façons, je m’en foutais. J’attendais qu’il lève la main sur moi pour lui foncer dessus. Je me serai très certainement faite laminée mais j’y serai allée. Ceci n’a pas eu lieu, bien heureusement pour moi. Son pote est venu chercher mon prétendant, coupant court sa parade nuptiale. Inutile de préciser que la giflounette (j’ai vraiment pas tapé fort, comme une petite tape sur la main d’un enfant. Inutile de contacter les services sociaux car je n’en ai pas, de gamin, et oui, je sais que c’est pas bien de frapper un petiot pour son développement psychomotriciel d’épanouissement intersensoriel tout ça tout ça mais c’était pour l’exemple) n’était pas franchement une bonne stratégie puisqu’il m’a craché au visage. Encore. Mais pas con, il l’a fait juste avant de descendre du wagon dès fois que j’aurais eu l’idée de lui en retourner une plus costaude. Le pleutre !
    Une dame m’a tout de même donné un mouchoir pour que j’essuie la bave du charmant jeune homme de mon visage et de mes cheveux…
    OK, je n’étais pas en face de quelqu’un d’armé (quoique, comme l’a dit une de mes collègues à qui je racontais que se faire cracher dessus c’est franchement dégueu, même après 3 douches, je n’en savais rien au moment où je me suis interposée entre lui et le touriste) ni même d’agressif, mais je sais que je tenterai forcément quelque chose. Parce que j’accorde autant d’importance à la vie d’autrui qu’à la mienne et que s’attaquer à quelqu’un c’est s’attaquer aussi à moi. Et je reste persuadée que si on pensait plus au collectif qu’à l’individuel, ce serait tellement plus facile de s’interposer contre toutes ces attaques. Le nombre fait la force. Et je veux croire que d’autres personnes pensent comme moi. Preuve dans les commentaires précédents. Wwwwwooooooooooo ! Bras en l’air et cœur avec les doigts.
    Tout ça pour vous dire que si je vous croise dans les transports, je promets de prendre votre défense (Euuuuhh… Mais si vous ne lisez pas les commentaires de vos posts, ça ne m’engage à rien, hein ?!)
    Bon courage d’ici là.
    La-Tia-Tia, parenthesophile, misanthrope humaniste (c’est une oxymore ? Ah bon ?) et utopiste désenchantée (aussi ? Oh…)

  31. leelou dit :

    ça serait reconnaitre que l’espace public est réservé aux hommes ! et merde l’espace public est à tout le monde !

  32. Alan dit :

    Dans ton article tu fais remarquer que se trouvent autour de toi « Que des mecs sauf deux. »
    Qu’est ce que c’est sensé vouloir dire ? Que puisqu’il y a des mecs, ils devraient logiquement jouer de leur virilité et aller secourir la veuve et l’orphelin, que c’est dans leur nature ?

  33. seshaty dit :

    Faut dire qu’elle a essayé… :
    « je jette mon meilleur regard de Bambi au jeune mec de l’autre côté du poteau. Il me regarde dans les yeux, prend un air désolé… »
    ou encore « Je me lève, je vais voir le conducteur, je me plains qu’ils m’emmerdent, qu’il faut intervenir. »
    Dans les autres histoires, elle a gueulé bien fort sans que ça change quoi que ce soit.

    Ce qui me rappelle une fois dans le RER B où un mec bourré a touché le bras/la main de CHAQUE NANA dans le wagon (moi y compris), et il a ciblé une meuf en particulier qu’il a suivi partout (la pauvre n’arrêtait pas de changer de place). Le wagon était rempli de monde, et personne n’a bougé. La meuf a pété un câble, et a hurlé qu’on était tous des froussards (ce qui est vrai, et je te rejoins là sur le syndrôme du spectateur).
    Elle a mis la main sur le signal d’alarme, et là tout le monde s’est levé, en mode « mais non, madame, arrêtez ! On va être en retard ! ». C’est seulement là que des mecs ont pris à part l’autre débile, en lui disant de se calmer. Putain, j’oublierai jamais ça. Je retiens que pour faire bouger les gens, il faut bousculer leur comfort personnel et les empêcher physiquement de retourner dans leur bulle.

  34. Louiza dit :

    Moi non plus j aime pas les daubes de Marc Lévy😉😉
    Mais contrairement à lui j ai aimée votre écriture, même si dramatique, tragique et véridique qu’elle soit.
    Vous devriez écrire des romans

  35. asphyx dit :

    Merci pour ton témoignage courageux et bien écrit, c’est important que le quotidien inadmissible des femmes dans les transports en commun soit connu de tous et que cette situation gerbante CHANGE (je suis un mec). Par contre, désolé mais vraiment tes goûts musicaux, c’est pas ça 🙂 Bon courage du fond du cœur.

  36. Mathieu dit :

    Un article qui fait réfléchir, c’est déjà difficile de partager ce genre de vécu, bravo. C’est sûr qu’on ne peut jamais dire à l’avance si on interviendrait ou pas dans une situation tendue, je pense que la grande grande grande majorité d’entre nous ne le ferait pas, et moi le premier. Je suis pas bien grand, pas bien musclé et surtout il faut plus de courage qu’on l’imagine pour agir. Et pourtant rien ne me révolte plus que de pauvres types qui s’en prennent à une fille seule. Ces mecs là sont misérables, leurs vies de merde me suffit à me consoler de l’injustice qu’ils font subir. Mais quand ça nous arrive personnellement c’est différent, traumatisant évidemment. C’est la preuve que l’individualisme nous renvoie à une survie permanente où le calcul de l’entraide passe après l’assurance de son propre bien-être. Il faut se battre à sa manière, ce post est déjà une belle claque de ta part contre nous tous.

  37. bulle dit :

    Fiou ça m’étonne même pas ce que tu racontes là même si ça me donne la gerbe quand même.
    J’espère que tu te balades avec une petite lacrimo dans la poche puisqu’on ne peut compter que sur soit…
    Bisette

  38. dex dit :

    J’ai jamais fermé ma gueule lors d’un harcèlement de rue. « Problème », j’en ai eu affaire qu’à un directement. A trois on a mis en fuite deux agresseurs qui s’en prenaient à une dame. Les flics ont mis 6 minutes à décrocher, 4-5 à prendre la plainte, nous ont demandé d’attendre sur place 15 mins, ils sont arrivés au bout de 25 et nous ont limite engueulé de les déranger « pour ça ».

    J’ajouterais que pour avoir été dans des embrouilles pas mal de fois dans la rue, les agresseurs Français sont des merdes, ils ne tapent qu’au moment ou ils sont surs de gagner donc il y a pleins de temps pour désamorçer la situation. Mais bon les lâches qui se planquent derrière leur smartphone ils ne trainent pas trop sur ce genre de post.

  39. MamieCaro dit :

    On ne dit pas à une femme victime de violences masculines qu’elle est « obstinée » – de quoi, de vivre sa vie en se déplaçant dans l’espace public ?! Et scoop : les mecs misogynes, racistes et violents existent partout, même en province. Ne dites jamais à une femme où ni comment vivre sa vie – même si ça part d’un bon sentiment, c’est paternaliste et ça ne sert à rien à part peut-être nourrir l’idée que si les femmes faisaient ce qu’on leur dit, la violence masculine disparaitrait, ou bien au moins vous auriez le soulagement de ne plus en entendre parler.

  40. miliette dit :

    Je suis bien d’accord avec tout ce que tu dis. De la même manière, pendant la guerre, on aurait tous été des résistants. Évidemment.

    Moi je dis que tant qu’on a été confrontés à rien, on ferme sa gueule.

    Perso pour être honnête je peux pas garantir de pas me jeter par terre en pleurant face à un homme armé.

    Et j’en ai encore honte aujourd’hui, mais à 18 ans, quand j’ai vu le connard qui passait son temps à me faire chier dans la rue en emmerder une autre, ben j’ai passé mon chemin…

  41. david dit :

    Insupportable de lire de tels récits de violence vs. inaction totale. Est-ce qu’on peut imaginer un système d’alerte avec une appli mobile, on pourrait créer un réseau de gens solidaires (si ça existe encore) ?? Si t’as l’occasion écris moi j’aimerais bien en discuter avec toi vu tes « expériences » …

  42. marie dit :

    Cet article! Merci! C’était exactement ma pensée au moment où j’ai entendu parler de ces « héros » et comme on a aussi le droit de tout mélanger, je pense à ces mecs en mer qui arrêtent leur bateau pour sauver les migrants de la noyade mais qui ne seront jamais médaillés d’aucune ville parce qu’ils ne sauvent « que » des migrants!

  43. Jarno dit :

    Plus d’une fois je me suis retrouvé témoin dans une situation qui était vraiment proche de dégénérer. Et je me disais « bordel, si personne d’autre ne réagit, il est 2 fois plus balèze que moi, je vais pas y aller tout seul ! ». Bref, la trouille de me retrouver à l’hosto. Par chance, la situation ne s’est pas présentée. Dans des cas comme ça, il faut que d’une manière ou d’une autre les gens interviennent à plusieurs. Seul, c’est pas si facile que ça, alors je ne jugerai pas. Mais les cas décrits ici où les autres semblent en nombre et potentiellement en force et n’interviennent pourtant pas sont vraiment choquants.

  44. Bonjour et merci pour vos témoignages et vos commentaires.

    Je n’ai pas grand chose à rajouter par rapport à ce que j’ai écrit dans le billet.

    Un détail « éditorial » juste : je reçois d’assez nombreux commentaires d’insultes, notamment. Ceux qui en sont à leur 8ème mail et continuent à hurler à la censure font erreur. Ce blog est mon espace d’expression et de diffusion. Mot clé : « mon », pronom personnel. Par conséquent, je publie les commentaires que je trouve intéressants et pas les autres. Il est inutile de continuer en criant à la censure ou au respect de votre liberté d’expression. Merci d’aller faire usage de ce droit ailleurs que chez moi !

    Enfin, tous les commentaires – et il y en a – visant à m’expliquer doctement que c’est parce que j’écoute du rap que des personnes m’agressent ou que si je souhaite changer les choses, il faut commencer par apprécier telle ou telle musique ont été supprimés sans vergogne, pas la peine que je m’étende à vous expliquer en quoi c’est débile. Ceux-là sont donc priés d’aller bien se faire cuire le cul.

    La bise aux autres,

  45. La Fenotte dit :

    Merci.
    Pour ton témoignage et d’avoir résumé intégralement ce que je pensais.
    Même si pour ce qui est de mes témoignages à moi, j’ai eu des héros populaires qui ont réagit, ce n’est pas systématique et c’est bien dommage.

  46. True Justice dit :

    Je suis rempli de haine en lisant cet article.

    Je ne demande que ça, tomber sur des criminels, défendre les autres mais mon mode de vie ne me permet pas trop de les croiser. Quand je vois des fouteurs de merde potentiels dans les transports en commun, je m’assure d’être dans le même wagon qu’eux rien que pour pouvoir le faire du mal si jamais ils s’en prennent à quelqu’un.

    Je ne vais pour ainsi dire pratiquement jamais en soirée. Je vis le jour et je passe mon temps à m’entrainer. Etant donné que la plupart des agressions ont l’air de se passer aux heures où les gens sortent en boite, j’ai rarement la chance d’être là où il faut au bon moment.

    Tout mon soutien va à toutes ces personnes victimes d’agression au milieu (ou non) d’une foule indifférente. Toute ma rage va à l’encontre des criminels.

    J’ai fait la vidéo « war to the thugs » (https://www.youtube.com/watch?v=l6vbdKrMSuw) sur youtube pour essayer d’éveiller les consciences des gens mais ce n’est qu’une goutte d’eau dans un monde docile ou beaucoup ne sont pas sportifs, ne sont pas aguerris et éprouvent déja une aversion à la moindre mention du mot « arme ».

  47. Ju dit :

    Ton témoignage m’a pris aux triples. J’ai beau être un mec, je me suis déjà fait agressé 3 fois dans le métro parisien. Connaissant la désagréable sensation que ça provoque (menace avec un couteau, crachat, claque dans la gueule) je n’ai plus jamais laissé quelqu’un se faire emmerdé sous les yeux. Avec le recul et l’âge, je me dis que ce n’était pas une si bonne idée que ça. Ça aurait pu mal tourner à chaque fois. Et maintenant que je suis vieux et père, n’ayant plus pris le métro depuis un bout de temps, je crois que je resterai impassible (je tirerai au moins le signal d’alarme sans hésiter).

    En fait je pense que les censé ne se rendent pas compte tant que ça ne leur aibpas arrivé. Est-ce que j’aurai defendu des touristes japonais si on ne m’avais pas demandé mon portefeuille avec un couteau avant ? Je ne crois pas.

  48. foufourche dit :

    Coucou Tom, sortir de son apathie, ça s’apprend en fait, effectivement ça ne tombe pas tout cru. Voici une petite BD qui te donne qq conseils, bisous http://projetcrocodiles.tumblr.com/post/86299616713/pour-plus-de-clart%C3%A9-jai-chang%C3%A9-un-peu-de

  49. melo dit :

    tu m’as l’air de faire partie du problème plus que de la solution toi avec ton ptit commentaire. T’inquiètes pas, on a compris que t’es officiellement un grand lâche

  50. melo dit :

    Bien joué ma belle, tu as plus de couilles que bien d’autres. Je me reconnais en toi. Ah si j’étais un homme… je me battrais tout le temps je crois. Ou je me serais déjà fait tuer à 10 contre 1..

  51. Blou dit :

    Je me suis reconnu dans les personnes qui ne font rien.
    J’espère que je penserai à votre billet si la situation se présente. Pour l’instant, voilà ce qui me passe par la tête:
    – Je n’interviens pas car ça va énerver le mec et la situation deviendra ingérable.
    – Je n’interviens pas car quelqu’un d’autre le fera à ma place, en mieux.
    – Je n’interviens pas parce que 1 blessé c’est moins pire que 2.
    Je sais c’est minable, mais je suis sans doute pas le seul a avoir ce genre de pensées. En tant que femme, harcelée à plusieurs reprises, qu’avez vous à répondre à ces prétextes?

  52. Maud dit :

    Tellement ça..

    Par contre, putain. Vous m’avez saoulée à critiquer ses goûts musicaux.. T’écoutes Booba et Future, je t’aime moi aha!

  53. Lalutotale dit :

    Pour avoir connu les transports publics, et les mecs qui vont jusqu’à te suivre devant la porte de ton immeuble, moi aussi j’ai eu envie de gerber en lisant les tweets de ces conn*rds qui se croient au-dessus du lot mais qui ne bougent pas un cil dans la réalité.
    Après, la loi française est tellement bien fichue que ( et c’est arrivé plus d’une fois parmi mes connaissances ) l’agresseur peut porter plainte contre la personne qui se rebelle ( victime ou « bon samaritain » ) pour peu qu’elle laisse des traces. Et le pire c’est que souvent elle repart avec quelques centaines d’euros dans les poches. Oui madame. Vive la France. Vive l’entraide.

  54. Lapidouce dit :

    Les gens ont peur de se faire marraver à leur tour alors que, effectivement, en s’y mettant à 10 contre un, ça le ferait. Mais comme vous le dites, je ne suis pas un héros.
    J’ai eu de la « chance » une fois. Un homme se faisait agresser verbalement de manière très violente dans le TGV. J’ai fait simple : j’ai cherché les contrôleurs et je me suis rassise en tout anonymat. Ça, c’est à la portée de tous, mais au moins la victime a été tirée d’affaire …

  55. La-Tia-Tia dit :

    Nan mais Booba quoi ! Faut pas s’étonner… ;-P
    (oui je réagis plus d’1 semaine après ce commentaire si je veux ! De toutes façons, y a de fortes chances que je ne sois pas publiée alors hein…).
    Il n’empêche, ce serait intéressant de savoir ce que la journée nous réserve rien qu’en sélectionnant la musique que l’on écoute :
    – Tiens, aujourd’hui j’ai envie de me faire marave donc j’écoute Booba.
    – Tiens, aujourd’hui j’ai envie de jouer avec des armes à feu donc j’écoute Nirvana.
    – Tiens, aujourd’hui j’ai envie de séduire des mineures donc j’écoute Jean-Luc Lahaye (nan, j’déconnne ! Personne ne peut sciemment choisir d’écouter Jean-Luc).
    – Tiens, aujourd’hui j’ai envie d’arrêter un apprenti terroriste (qui écoutait Nirvana ?) avant qu’il commence sa partie de Counter-Strike dans le Thalys donc j’écoute le best-of des BO de Disney.
    – Tiens, aujourd’hui j’ai envie de clouer des chauves-souris vivantes sur les portes, de vandaliser des tombes et de sacrifier des bébés donc j’écoute Marilyn Manson.
    On n’est plus a un a priori près…
    Dans ce cas, je suis curieuse de savoir ce qui arrive à ceux qui écoutent Kyo, Franck Michael et Johnny Hallyday (hormis d’avoir les oreilles qui saignent)…
    Et quelle musique devraient écouter tous ces blaireaux qui s’en prennent à plus faible qu’eux, hein ? On pourrait peut-être commencer par là.
    La-Tia-Tia qui écoute encore du Nirvana et du Manson et qui n’a jamais fait de mal à une chauve-souris.

  56. Rémi D. dit :

    Ttt… Ttt… Ce ne sont PAS des hommes. Juste des lâches et des salauds !

  57. […] qui facilitera ensuite l’action. Quatrième ironie: il y a quelques jours j’avais lu un récit sur le sujet et m’étais dit que si je me trouvais dans une telle situation, […]

  58. … Pas grand chose, vraiment. Que les héros sont tous dans le Thalys ? Que j’ai reçu des dizaines de commentaires d’hommes qui me disaient que c’est bien fait pour moi ? Un blessé, c’est moins que deux ? Parle pour toi.

  59. Signal d’alarme, c’est déjà ça. Je prends.

  60. Rémi D. dit :

    « la loi française est tellement bien fichue que… » « L’agresseur peut porter plainte contre la victime qui se rebelle »… MAIS BIEN SÛR !
    Pas de doute, vous devez être une grande juriste pour proférer de telles âneries ! Car la Loi française, précisément, est plutôt bien faite et sait parfaitement discerner la légitime défense et l’assistance (ou la non-assistance) à personne en danger… d’un agression pure et simple !
    Mais bien sûr, « c’est arrivé plus d’une fois parmi [vos] connaissances »… comme on dit quand on sait qu’on invente une connerie ! Mais jusqu’où n’irait-on pas pour « prouver », n’est-ce-pas, que Taubira est laxiste, que les socialos passent tout aux délinquants, que la Justice ne fait jamais rien pour les victimes et que (généralement ça va avec)… « vivement Marine qu’elle nous remette de l’ordre dans tout ça ! »

  61. Respire mon Rimi, on s’offrira des battes pour Noel.

  62. Rémi D. dit :

    « c’est minable, mais je suis sans doute pas le seul… »
    Qu’ajouter à cette brillante auto-critique ? Tout est dit… qui éclaire en même temps pourquoi la petite délinquance et les incivilités gagnent du terrain partout en France. Parce que c’est TOUJOURS D’ABORD « à L’AUTRE de faire ».
    Ce qui n’empêchera pas un certain nombre de ceux qui tiennent ces discours de lever le soir-même la main sur leur compagne voire sur leur gosses, « parce que quand même faut savoir se faire respecter, merde, qui c’est l’homme ici ?! »
    Minable, oui…

  63. Rémi D. dit :

    « Quand je vois des fouteurs de merde potentiels dans les transports en commun, je m’assure d’être dans le même wagon qu’eux rien que pour pouvoir… »
    BRAVO, ça fait plaisir !
    Parce que du coup je me sens moins seul… d’en faire autant ! Je ne suis pas (loin s’en faut !) un caïd des arts martiaux mais j’ai du répondant (verbal) et du sang-froid… quand les gugusses en face n’ont en général ni l’un ni l’autre.
    En effet, 999 fois sur 1000, il suffit de montrer qu’on a des yeux pour voir, qu’on n’est pas d’accord avec certaines attitudes et surtout qu’on n’a pas peur (mais si, pour ça, il faut parfois prendre un peu sur soi) pour… les faire renoncer.
    (Même s’ils lancent alors généralement une dernière insulte par fierté… insulte à laquelle on aura la sagesse de ne pas répondre, car qu’est-ce que c’est qu’un mot… si on a pu éviter à une jeune fille ou autre de se faire agresser ?).
    Et pour la 1000ème fois sur 1000, eh bien… je compte bien que vous serez là pour m’aider ! ;-)) Et si vous n’êtes pas là, eh bien je m’en tirerais peut-être avec un nez cassé et un oeil au beurre noir mais, au moins, tout amoché que je serai, je pourrais quand même me regarder dans la glace ensuite !
    Ce qui ne sera peut-être pas le cas de tout le monde…