Archives de juin, 2013

Vite fait comme ça en passant, un petit billet sur les cours du soir. Parce que ça fait 5 semaines que je n’ai plus internet au bureau et que j’ai rempli toutes les grilles de Sudoku et même celles de Takuzu.

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Hier soir, session de travaux dirigés épique. Dernier cours de mon camarade professeur, que j’aime beaucoup et qui a fait de son mieux pour tenter d’élever le niveau de cette promo PMU. A trois, quatre exceptions près, j’étais vraiment ravie de les quitter. Question de santé mentale. Je vous en présente deux ou trois pour le fun :

Mr Thèse a une trentaine d’années et une très, très grande bouche. Un peu comme les bébés, il adore entendre le son de sa voix. D’ailleurs, il intervient très souvent à tort et à travers et se met systématiquement à bavarder bien fort dès la fin de sa prise de parole. Je lui ai donné ce petit surnom affectueux car il parle sans arrêt de la « thèse » qu’il a rédigé en DUT Carrières Sociales (un mémoire de 30 pages en fait). C’est un peu comme prétendre avoir sorti un album alors que t’as enregistré un vieux playback dans ta chambre. Lui, j’ai envie de lui arracher la langue depuis deux semestres. Avec une pince coupante. Mais je suis sage et bientôt diplômée, je me tiens.  Et puis, mesquine assumée, je me console en l’observant rater toutes les UE les unes après les autres.

Il y a ma copine Betty aussi. Magnifique spécimen de travailleur social désabusé, mal informé, dans la toute puissance et le jugement permanents. J’ai envie de l’étouffer avec de la laine mouillée, elle, pour changer. Un condensé de préjugés et  de représentations : les pauvres sont des fainéants, les étrangers des profiteurs, les chômeurs des paresseux calculateurs. Mais ce que je préfère chez Betty, c’est sa manière de contredire un fait scientifique un avec gros cliché en répétant compulsivement « Je ne peux pas vous laisser dire ça ». Si ma grande, tu vas me laisser dire ce que je veux sinon je vais t’attendre cagoulée à la sortie. Punaise, Betty. J’oubliais : Betty et les autres daronnes tyranniques du lotissement de Villeneuve la Garenne ont monté une association. Son but : « sortir les jeunes du parc ». J’imagine que la préfecture a du bien se marrer en enregistrant les statuts. Depuis, je réfléchis sérieusement à créer une association pour empêcher ma voisine de parler portugais. Pour le fun.

Bref, ce cours, aussi intéressant que soit le prof et heureusement, m’a contraint à fréquenter pendant 6 mois une classe qui n’a rien à envier au café des sports. De vraies conversations de comptoir, chaque mardi, inlassablement. Encore des exemples ? Hier, ma copine Betty (toujours elle) explique qu’elle a conseillé à une des jeunes diplômées au chômage dont elle assure l’accompagnement social d’ « écrire à François Hollande pour lui expliquer sa situation ». Je me marre. Tout fort, c’est vrai. Je demande quand même si elle pense sincèrement que ça va marcher. Assia vient en renfort de Betty « Mais si ça marche ! Pour une personne sur dix, mais ça marche ! » Je me marre encore : « je serais étonnée que François Hollande exauce  10% des demandes qui lui parviennent ». Assia : « Mais non, pas dix pour cent, une demande sur dix on t’a dit ! ». OKAY MEUF. Ca m’a quand même bien fait rire d’imaginer François Hollande avec sa baguette magique et son haut de forme un dixième des demandes qui lui sont adressées chaque semaine. Avec une politique pareille, le changement ce serait vraiment maintenant. Et puis 10% des demandes chaque semaine, si tout le monde lui écrit, en quelques mois c’est plié, tous les français sont heureux, le Président est intervenu en leur faveur et leur a filé les logements et boulots qu’il avait dans sa poche magique.

On a eu aussi des petites perles genre « Je vous passe les grandes lignes », « J’ai pas compris tous les mots de ce cours, je suis restée animatrice », « Ce que j’ai préféré dans ce cours c’est les débats (sic) mais par contre j’ai trouvé que c’était trop dense et un peu politique et c’est dommage » et autres. La prochaine fois je vous raconte comment mes camarades ont tellement d’imagination qu’ils proposent des projets de réinsertion des bénéficiaires du RSA qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à des émissions de téléréalité.

L’avenir du travail social ouaiche.

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